Basse — depuis 2017
Jamie Ryan
le guitariste à la basse
Bassiste de Mass Hysteria depuis 2017, Jamie Ryan est arrivé en pleine tournée Matière Noire. Guitariste de formation devenu l'une des énergies du groupe, il s'illustre sur scène, sur disque… et sur YouTube, où il décortique le répertoire avec humour.
01 — Le parcours
Quinze ans de petites scènes
Arrivé en France à l'âge de deux ans, Jamie apprend la guitare à l'adolescence et monte sur scène avant même ses quinze ans. Suivent près de quinze années de petits concerts et de tournées modestes, au sein de groupes comme Guérilla Poubelle et Admiral's Arms.
Un long apprentissage de la route, des salles à moitié pleines et des caves de répétition — l'école buissonnière du musicien français qui s'accroche sans garantie de lendemain. C'est ce parcours patient qui fera de lui, le moment venu, un homme prêt à saisir sa chance.
02 — L'appel de Yann
« Je serais con de dire non ! »
Juste avant ses trente ans, en 2017, un appel change tout : Yann Heurtaux lui propose la basse de Mass Hysteria. Sa réaction est restée fameuse : « Tu me demandes juste si je veux vivre de la musique ? Je serais con de dire non ! »
Présenté officiellement en avril 2017, il remplace Thomas « Atom » Zanghellini en cours de tournée Matière Noire. Le grand basculement de sa vie, comme il le dit lui-même : « J'ai rejoint Mass Hysteria. Ça a changé un peu la vie. »
03 — Un guitariste à la basse
Le bon paradoxe
Jamie est guitariste à la base, et c'est précisément ce qui plaît au groupe. De l'aveu de Yann, « Mass Hysteria sonne mieux avec un guitariste qui joue de la basse » : son approche des riffs, son sens de l'attaque, collent à l'esthétique martiale de la formation.
Sur scène, il affiche un calme déconcertant avant de jouer — au point d'étonner ses proches, sereins de le voir si posé juste avant un concert au Download — avant d'exploser une fois les lumières allumées. Le paradoxe d'un musicien zen qui se transforme en bête de scène.
04 — Ses riffs sur Maniac
Une première dans l'histoire du groupe
Sur Maniac (2018), son premier album avec le groupe, Jamie signe plusieurs riffs — sur des titres comme « Derrière la foudre », « Se brûler sûrement » ou « Nerf de bœuf ». Une vraie première : les compositions venaient jusque-là quasi exclusivement de Yann.
Que le petit nouveau apporte des idées retenues sur l'album en a surpris plus d'un, à commencer par d'anciens membres. Yann le confirme : il a apporté l'essentiel des idées, « mais il y a également des idées de Jamie qui ont été retenues ». Une intégration réussie, gravée dans la musique.
05 — Le matériel — les basses
LTD Frank Bello & Music Man
Côté instruments, Jamie joue principalement des basses LTD signature Frank Bello (le bassiste d'Anthrax), une E-II GB-4 en tête de liste. Il garde précieusement, en réserve, une vieille Squier — sa toute première basse, valeur sentimentale.
Pour les titres les plus graves, il sort une Music Man à cinq cordes, achetée spécialement pour l'enregistrement de Maniac afin d'aller chercher les fréquences les plus basses du répertoire. Le bon outil pour chaque morceau, dans la logique d'un musicien qui pense « son » avant tout.
06 — Le matériel — l'ampli & les effets
Bassman, Darkglass, MXR
À l'ampli, un Fender Bassman 300 tout lampes — « beaucoup trop lourd, mais ça marche très bien », résume-t-il avec un sourire de routier. Une bête de scène taillée pour pousser de l'air dans les grandes salles.
Sur son pédalier, deux références prisées des bassistes metal : un préampli Darkglass B7K, pour le grain saturé et tranchant, et un compresseur MXR M87, pour lisser et tenir la dynamique. Un son massif, défini, qui épaule les deux guitares sans jamais les noyer.
07 — Le prof de basse
La chaîne YouTube
Jamie anime une chaîne YouTube où il décortique avec humour les morceaux du groupe : playthroughs, tutoriels de basse, coulisses de concerts et vie de groupe. C'est une fenêtre rare sur l'envers du décor — et une façon ludique d'apprendre la basse via le répertoire de Mass Hysteria.
Cette pédagogie décontractée prolonge son rôle dans le groupe : celui d'un passeur, à l'aise pour expliquer, montrer, transmettre. Là où certains musiciens cultivent le mystère, Jamie ouvre grand les portes.
08 — Les influences
Queen, pour toujours
Interrogé sur ses idoles, Jamie ne tergiverse pas : Queen et Freddie Mercury, obsession de gamin. Un amour du grand frisson mélodique et du panache scénique qui peut surprendre chez un bassiste de metal industriel, mais qui en dit long sur son rapport au spectacle.
De Queen, il retient sans doute l'idée qu'un concert est avant tout une fête partagée — un credo parfaitement raccord avec la philosophie de Mass Hysteria, où le public repart toujours avec le sourire.
09 — Sluagh & au-delà
Le metal dans toute son étendue
En parallèle de Mass Hysteria, Jamie mène un projet solo, Sluagh, orienté post-black metal, dont il a dévoilé le single « Racht Feirge ». Une facette plus sombre et atmosphérique, à l'opposé de la frontalité du groupe-mère.
Cette ouverture dit l'étendue de son univers : du punk de ses débuts au black metal de ses nuits, en passant par le metal industriel de ses jours, Jamie embrasse le genre dans toute sa diversité. Un appétit qui nourrit, en retour, son jeu au sein de Mass Hysteria.
10 — Le saviez-vous
Le bon timing
Juste avant de rejoindre le groupe, Jamie venait de perdre son emploi dans une entreprise qu'il a attaquée aux prud'hommes… et il a gagné. Un mauvais coup du sort transformé en tremplin : quelques mois plus tard, il vivait de la musique.
S'il avait un conseil à donner à son « moi de quinze ans », ce serait sans doute de s'accrocher : c'est exactement ce qu'il a fait pendant quinze ans de petites scènes avant que l'appel de Yann ne fasse tout basculer, juste avant la trentaine. La preuve qu'en musique, la ténacité finit parfois par payer.
11 — Sur scène depuis 2017
Du Download au Hellfest
Depuis son arrivée, Jamie a vécu les plus grandes dates du groupe. Il a tenu la basse aux 30 ans au Zénith de Paris (2025) devant près de 4 000 personnes, et lors du passage marquant au Hellfest 2024, juste avant Metallica, avec ses fameux 200 fans installés dans le snake pit.
Sur scène, il incarne le paradoxe qui le définit : un calme presque déroutant avant le concert, puis une explosion d'énergie une fois les lumières allumées. En 2026, il repart avec le groupe pour la tournée « Sans Détour » et le Motocultor — désormais pleinement installé dans le line-up.
12 — Tenace
Son deuxième album
Après Maniac, Jamie enregistre son deuxième album avec le groupe : le diptyque Tenace (2023), capté aux studios ICP de Bruxelles, produit par Fred Duquesne et masterisé par Ted Jensen.
Sur ce double album sorti en deux volets, il confirme son rôle : une basse qui pense comme une guitare, épaississant le mur de son sans jamais le brouiller. De petit nouveau de 2017, il est devenu un pilier du son Mass Hysteria de la décennie 2020.
13 — Entrer dans la famille
Plus qu'un remplaçant
Remplacer un bassiste en cours de tournée n'est jamais anodin, mais Jamie a vite trouvé sa place dans ce groupe-famille soudé par les décennies. Recruté par Yann, adopté par le reste de la bande, il est passé du statut de renfort à celui de membre à part entière en quelques mois.
Son apport de compositions sur Maniac, chose rare dans l'histoire du groupe, a scellé cette intégration : on ne lui a pas seulement confié la basse, on a accueilli ses idées. Une preuve de confiance qui en dit long sur l'esprit d'ouverture de la formation.
14 — Vivre de la musique
Le rêve, enfin
Pour Jamie, rejoindre Mass Hysteria, c'est avant tout l'aboutissement d'un rêve d'adolescent : vivre de la musique. Après quinze ans de petites scènes et un emploi perdu, il a basculé, presque du jour au lendemain, dans la cour des grands.
Il en mesure le prix et la chance, et ne s'en cache pas. Sa chaîne YouTube, ses tutoriels, sa bonne humeur communicative racontent un musicien qui savoure chaque instant de cette seconde vie — et qui compte bien la faire durer.
15 — Du punk au metal industriel
Guérilla Poubelle & Admiral's Arms
Avant Mass Hysteria, Jamie a fait ses armes dans des registres plus punk : on l'a notamment croisé au sein de Guérilla Poubelle et d'Admiral's Arms. Une école de l'énergie brute, des concerts sans filet et de la débrouille, loin des grandes salles.
Cette culture punk, faite d'urgence et de simplicité, irrigue encore son jeu : une attaque franche, un sens du riff direct, une absence totale de pose. Quand il passe au metal industriel de Mass Hysteria, il apporte cette nervosité-là.
Quinze ans de petites scènes lui ont aussi forgé un mental de routier : il sait ce que c'est que jouer pour vingt personnes un soir de semaine. De quoi savourer, ensuite, les Zéniths et les Hellfest à leur juste valeur.
16 — La basse dans le mur de son
Penser guitare, jouer basse
Le rôle de Jamie est singulier : derrière deux guitares rythmiques qui doublent leurs parties pour créer un mur de son, la basse doit à la fois soutenir et structurer sans ajouter à la confusion. C'est là que son passé de guitariste fait merveille.
Il pense ses lignes comme un guitariste penserait un riff : avec le sens de l'attaque et de la place. Résultat, sa basse épaissit le son sans le brouiller, et accroche l'oreille là où une approche plus académique se contenterait de tenir la fondation.
C'est précisément ce que Yann avait flairé en l'appelant : non pas un bassiste de plus, mais une couleur qui colle au projet — « Mass Hysteria sonne mieux avec un guitariste qui joue de la basse ».
17 — 2017, l'année charnière
Entrer dans le grand bain
L'arrivée de Jamie tient du roman. En 2017, il remplace au pied levé Thomas « Atom » Zanghellini, en pleine tournée Matière Noire. Pas le temps de tergiverser : il faut apprendre le répertoire, prendre la scène, et se fondre dans un groupe rodé depuis des décennies.
Le pari est gagné. Là où un autre se serait crispé, lui affiche ce calme déconcertant qui le caractérise, avant d'exploser une fois sur les planches. Le public, comme le groupe, adopte vite ce bassiste atypique au jeu de guitariste.
Quelques mois plus tard, il enregistre Maniac (2018) et y signe même des riffs — une intégration éclair, validée sur disque. De renfort de dernière minute, il devient un pilier.
Pour lui qui venait de perdre son emploi et avait passé quinze ans sur de petites scènes, 2017 restera l'année du basculement : celle où le rêve d'adolescent — vivre de la musique — est enfin devenu réalité.
18 — La fin du tourniquet
Stabiliser la basse
L'arrivée de Jamie a refermé une longue période d'instabilité à la basse. Après le départ, en 2011, du fondateur Stéphan « Titou » Jaquet — disparu en 2021 —, le poste avait connu une valse : Vincent Mercier (2012-2016), puis Thomas « Atom » Zanghellini (2016-2017).
Depuis 2017, Jamie a mis fin à ce tourniquet. Installé durablement dans le line-up, il a apporté au groupe la stabilité d'une basse qui ne bouge plus — un socle sur lequel Mass Hysteria a pu bâtir Maniac, Tenace et les grandes tournées de la décennie.
Pour un groupe-famille qui valorise la fidélité, cette permanence retrouvée n'est pas un détail : elle a refermé une parenthèse et consolidé la formation que Yann Heurtaux qualifie aujourd'hui d'« idéale ».